Les nouvelles pratiques sportives peuvent-elles sauver les fédérations ?

Fit Ping Tonic

Fit Ping Tonic, Fitness escrime, Body taekwondo…. Si ces noms ne vous évoquent rien, il s’agit pourtant d’une des récentes stratégies mises en place par plusieurs fédérations, olympiques ou non, pour tenter de pallier l’inquiétante baisse des licenciés.

A l’aube des années 2010 un constat s’est imposé. La fidélité sur le marché des services sportifs n’est plus ce qu’elle était.

Pour toute cette nouvelle génération ultra connectée évoluant à vitesse grand V, la tendance n’est plus à la pratique d’un seul sport tout au long de sa vie, mais à la multiplication des expériences et des découvertes.  En moyenne, les -15 ans ne pratiquent un sport que 2 ans.

Par ailleurs, les motivations des licenciés ont elles aussi évolué au fil du temps. On ne pratique plus un sport pour la compétition mais avant tout pour se faire plaisir, se défouler ou se détendre. Quel intérêt dans ce cas là à prendre une licence dans une fédération alors que le secteur marchand semble être bien plus en mesure de répondre à de telles attentes ?

Par conséquent de nombreuses fédérations ont vu leur nombre de licenciés diminuer de façon régulière cette dernière décennie et peinent à attirer un public de plus en plus volage. A titre d’exemple, la fédération d’escrime avait environ 64 000 licenciés en 2004 contre 59 000 en 2008.

Il semblerait que pour remédier à cette apparente lassitude à l’égard des fédérations, plusieurs d’entre elles aient choisi le même remède : développer de nouvelles pratiques moins axées sur la performance et la compétition, plus en accord avec les motivations des Français.

C’est ainsi que depuis le début des années 2010, de nombreuses activités portant des noms aussi obscurs que « Fit Ping Tonic » ou « body taekwondo » sont apparues au sein des fédérations.

Prenons le body taekwondo. Officiellement il se définit de la façon suivante : « Cocktail de musique, de fitness, de taekwondo, le body taekwondo est une activité qui permet : de libérer son énergie de par le rythme musical et les techniques imposées ; de maintenir une forme physique par le travail cardio et le renforcement musculaire ; et de travailler dans une ambiance conviviale et motivante générée par la musique, les chorégraphies en groupe, et le relationnel avec le professeur ».

Derrière cette définition alambiquée, la réalité est autre : le body taekwondo ne ressemble qu’à un banal cours de fitness tentant d’intégrer quelques coups de pieds par ci par là.

Afin de développer au maximum cette pratique, la Fédération française de taekwondo a même mis en place un challenge national body taekwondo ; compétition réunissant une fois par an plusieurs équipes s’affrontant autour de chorégraphies qui tentent péniblement de mêler fitness et techniques de taekwondo.

Alors voilà : si l’intention est compréhensible de la part de fédérations impuissantes devant ce désengagement des Français à pratiquer un sport licencié, ne risquent-elles pas de perdre toute crédibilité auprès des puristes ne voyant pas réellement l’intérêt de dénaturer ainsi leur sport ? Que diraient d’Artagnan et ses mousquetaires dans un cours de fitness escrime ?

Entre volonté farouche de lutter contre la concurrence du secteur marchand en matière de loisirs sportifs et nécessité de garder toute crédibilité pour des sports qui ont bien souvent su construire et conserver une image irréprochable au fil des années, le dilemme se pose.

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