Le sport loisir et santé : nouvelle opportunité pour les Fédérations sportives ?

Mesdames Marisol Touraine et Valérie Fourneyron, respectivement Ministres des Affaires sociales et de la Santé et des Sports ont présenté ensemble un plan d’action inédit. Il s’agit en effet le mettre le sport au service de la santé. Certes, au premier abord, cela semble évident, car on connaît bien les vertus de la pratique sportive. M. Touraine et V. Fourneyron mettent en avant la pratique d’un sport en loisir comme facteur contribuant à un bon état général de santé, physique comme mentale et donc aidant à retarder l’apparition et la manifestation des symptômes de certaines maladies. En outre, le sport loisir constitue un élément clé pour le développement du tourisme local.

Donc, il apparaît qu’au début d’une nouvelle olympiade, le positionnement du Ministère des Sports, en outre de la pratique dite « performance », ou de compétition se concentre sur la pratique « loisir ». Après les athlètes olympiques, c’est désormais le joggeur du dimanche et le footballeur de rue qui sont mis sur le devant la scène. La pratique du sport de loisir n’est pourtant  pas inédite, et les terrains sportifs en accès libre le prouvent : pas besoin d’un club ou d’un coach pour pratiquer. En effet, 48% des Français déclarent pratiquer un sport régulièrement, et ce, pas forcément dans le cadre d’un club ou d’une association.

Alors quelle opportunité cela représente-il pour les Fédérations sportives ?

Grand Stade RugbyAu commencement de cette nouvelle olympiade, et avec les résultats remarquables qui ont réalisés par les athlètes de l’Equipe de France olympique, la notoriété des Fédérations françaises sportives s’est accrue, grâce notamment à l’augmentation de la « côte d’amour » des Equipes de France. Les Français ont ainsi été plus nombreux, en cette rentrée 2012/2013 à prendre une licence auprès d’un club. Une vraie mine d’or pour les Fédérations, notamment en ces temps de réélection des Présidents, où les projets annoncés ont été plus ambitieux les uns que les autres. Ainsi Pierre Camou, réélu à la Présidence de la Fédération Française de Rugby a renforcé sa position concernant le Grand Stade de Rugby. Le projet de développement de Rolland Garros, annoncé par Jean Gachassin, Président de la Fédération Française de Tennis, dont le montant estimé est passé de 273 M€ à 340 M€, va quant à lui nécessiter une levée de 20 à 25 M€ d’ici 2018.

Le projet d’extension de Rolland Garros

Ces projets sont ambitieux certes, mais surtout, ils sont synonymes d’un investissement conséquent de la part des Fédérations, qui doivent donc trouver les fonds correspondants. Une solution serait de se tourner vers les partenaires fédéraux : en négociant un montant de sponsoring à la hausse, ou en trouvant de nouveaux sponsors, permettant donc de gonfler l’enveloppe budgétaire. Une deuxième solution serait d’augmenter le prix des licences, mais là, il y a le risque de créer du mécontentement dans les rangs des licenciés. Ou alors, il faudrait augmenter le nombre de licenciés, en profitant des prérogatives ministérielles pour séduire ces électrons libres : les sportifs qui ont échappé jusqu’à présent à l’emprise fédérale. En effet, ils sont nombreux à pratiquer un sport sans aucun encadrement, il suffit de penser aux joggeurs par exemple. Et ces athlètes ne sont pas isolés : ils s’organisent, créent des événements et y prennent part en dehors du cadre de la Fédération Française d’Athlétisme. En Alsace par exemple, de nombreuses courses à pied sur route ou alors des trails, ont lieu chaque week-end, et sont de fait un moment privilégié de rencontre entre les sportifs qui se mesurent les uns aux autres, ou qui se mesurent à eux-mêmes en repoussant, toujours plus loin, leurs limites, par passion pour leur sport. Ou alors, on connaît aussi les centres de football indoor, par exemple «Urban Football», à l’origine du développement du futsal et du football à 5, en France, pour des pratiquants qui veulent être en mesure de jouer au football n’importe quand et n’importe où.

Cover Urban Football

Certes, certaines Fédérations ont réussi à s’adapter à une demande existante, en reconnaissant certaines pratiques « street » qui sont désormais encadrées et avec leurs championnats propres. Ce fut le cas du basketball 3×3, dernier projet de développement en date de la Fédération Française de Basket-Ball, avec notamment le premier championnat du monde de 3×3, qui a eu lieu en Grèce cet été, et où les Equipes de France masculine, féminine et mixte ont été couronnées de succès avec 3 médailles (l’or pour l’EdF mixte, l’argent pour l’Edf féminine et masculine).

Alors le sportif loisir, mine d’or pour les Fédérations ? Certainement, mais pour parvenir à rallier ces pratiquants, les Fédérations vont devoir faire preuve d’imagination pour adapter leur offre et innover par rapport à ce que ces sportifs trouvent en dehors du cadre fédéral. En somme, créer LA valeur ajoutée, qui incitera le pratiquant à prendre une licence.

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