Le handisport, pas assez sexy pour les sponsors ?

ASHPA

Pourquoi ce sujet ? Eh bien, parce que depuis près de 3 ans, je suis bénévole dans un club de handisport à Strasbourg, l’ASHPA qui comporte plusieurs sections comme l’haltérophilie, l’équitation, la natation, et le basket notamment, auprès duquel je suis impliquée.

Si je devais faire le bilan, je crois que la mission qui s’est révélée être la plus délicate est celle de chargée de sponsoring :

La première étape, avant de démarcher les entreprises, consiste à réaliser un dossier de sponsoring, ce qui n’est déjà pas une tâche aisée, car il faut réussir à faire valoir ses arguments en termes de notoriété, d’image, et de visibilité, à des entités qui n’ont à priori aucun intérêt à sponsoriser du handisport plutôt que du sport valide. Le club de l’ASHPA a opté pour une plaquette, que vous pouvez télécharger ici : Dossier sponsoring 2012-2013 FCT

Pour la seconde étape (le démarchage), il faut se retrousser les manches et se mettre à l’eau : s’il est relativement simple d’obtenir des subventions de la part des collectivités et institutions, il en est tout autrement quand il s’agit des partenaires privés. Je m’explique : quand on « vend » du handisport, la limite est parfois floue entre la dimension sportive et la dimension liée au handicap. Les interlocuteurs, en général, se focalisent sur la partie « handi », et là, il y a deux réactions possibles :

– La fuite ! « On ne fait pas dans le social. Ni dans l’humanitaire. » Dans ce cas, insister sert rarement à quelque chose, les représentants étant bien souvent psychorigides, et peu enclins à faire un pas vers l’inconnu.

– Le tilt : « Ah oui, on est sensibles aux handicapés. La preuve, on a signé une convention avec l’AGEFIPH. » Du coup, le seul intérêt que le club représente à leurs yeux, c’est un moyen de remplir les objectifs divers imposés par l’AGEFIPH, en ce qui concerne la sensibilisation par exemple.

En somme, il est extrêmement compliqué de marketer le handisport comme un sport classique, car seules les personnes qui ont été un jour au contact du handisport (d’une manière ou d’une autre) y sont sensibles. Trop souvent réduit à sa dimension « handicap », le handisport se vend mal, et les clubs qui souhaitent acquérir des sponsors privés doivent innover et fournir un effort fou, car aucune dynamique n’existe encore, sûrement à cause de la non-médiatisation du handisport. Les entreprises démarchées ont le sentiment que si elles s’engagent, elles seront les premières, donc sans aucune garantie sur les retombées potentielles du partenariat éventuel. A mon sens, deux clubs de handibasket se distinguent sur la scène française, il s’agit du club de Meylan-Grenoble, et celui de Meaux, qui ont su se mettre à la page, en investissant Facebook et en créant et partageant un contenu qualitatif.

Alors que la tendance actuelle pousse les marques à se tourner vers des sports qui véhiculent des valeurs fortes, comme le rugby par exemple, le handisport est boudé, bien qu’à mon avis, étant largement aussi, voire même plus valorisant que les sports valides.

ASHPA Strasbourg Handibasket

 

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